Ulrike MAYRHOFER : « Une fois qu’on a pris goût à l’international, c’est difficile d’y résister ! »

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Si les voyages ont la vertu de forger le caractère, ils ont aussi cette capacité à bâtir une carrière. Franchir les frontières : le jeu favori d’Ulrike, plutôt du genre à arpenter le globe qu’à se contenter de le regarder tourner. Il faut dire que pour cette Autrichienne, cette propension à l’évasion ne date pas d’hier. De la Suède à l’Angleterre, Ulrike avait déjà engrangé quelques miles avant de tisser un lien avec l’Hexagone. Professeure des Universités et plus encore, elle manie l’art de combiner l’efficacité à la simplicité : « Je n’ai jamais été très élitiste, mon profil n’est pas classique ». Et si la dégaine semble gainée, elle fait vite place aux éclats de rire détonants et à une convivialité qui porte l’accent. Plus adepte des transits internationaux que des transats au bord de l’eau, Ulrike est une chercheuse acharnée qui maîtrise la magie du travail bien pensé, mené en toute tranquillité.

Prises en étau entre une enfance baroudeuse et une carrière internationale, ses études ont su parfaitement s’affranchir des bordures. Avant de jouer à l’extérieur, Ulrike s’est fait la main à domicile en passant par la classe préparatoire du lycée français de Vienne. En plus de la France, elle est partie explorer l’Italie, le Canada et les États-Unis, une épopée dont elle reviendra polyglotte et ravie de la direction vers laquelle s’oriente sa boussole : « Une fois qu’on a pris goût à l’international, c’est difficile d’y résister ! », prévient-elle. Si sa passion pour le management est immodérée, et sa ferveur pour l’international, assurée, son intention de travailler en entreprise est contrecarrée durant ses années à l’EM Strasbourg, où elle se découvre une destinée d’enseignante-chercheuse. Sa directrice de thèse, Sabine Urban, l’a d’ailleurs rapidement convaincue de passer des bancs à la chaire : « C’est quelqu’un qui m’a beaucoup marquée, que ce soit en tant que professeure ou directrice de l’EM. C’est elle qui m’a fait découvrir les différentes facettes du métier ». Un choix de carrière judicieux quand on connaît l’apport des travaux d’Ulrike dans le domaine du management international : son humilité l’empêchera sûrement de vous le confesser, mais cette figure de proue de l’iaelyon a entamé une drôle de collection de prix et de récompenses. Avec dix Stylos d’Or « Top Auteur » au compteur, elle a en effet pris l’habitude de la distinction. Malgré cette trousse bien garnie, Ulrike n’a jamais laissé son égo s’envoler ; elle préfère garder les pieds sur terre et chausser ses bottes de sept lieues.

Ce que j’aime, ce sont les projets qui me permettent de lier la recherche et l’entreprise

Entre écriture d’ouvrages et supervision de thèses, elle dirige aussi l’International MBA de l’iaelyon, un diplôme ancré dans le concret et surtout destiné à ceux qui ont déjà la bosse des affaires. Ingénieurs, chefs d’entreprise et autres curieux de l’entreprenariat se bousculent au portillon pour espérer une place dans cette formation : « C’est vraiment passionnant, parce que les participants de ce MBA ont tout de suite des questions très concrètes et opérationnelles ». Des jeunes pousses idéalistes ou des briscards en quête de perfectionnement, Ulrike ne saurait choisir ; elle reste déterminée à construire des passerelles entre les mondes et à faire le pont entre tout le monde : « Ce que j’aime, ce sont les projets qui me permettent de lier la recherche et l’entreprise. Et puis, ça permet de travailler aussi bien avec les chercheurs que les entrepreneurs et le personnel administratif ». Elle a d’ailleurs toujours un petit mot affable pour Manuel, Ludivine, Jérôme et tous les autres membres de « la belle équipe » de l’iaelyon. Mieux vaut être entourée pour repousser les contours. C’est ainsi qu’Ulrike fut à l’initiative, avec quelques copains d’Atlas AFMI, d’une association francophone de réflexion en management international. Contrairement à ceux qui sont partout et nulle part à la fois, sa force à elle lui permet simplement d’être partout. Une vigueur dans le caractère qu’elle doit sûrement à son tempérament de montagnarde, « des gens solides ! », clame-telle.

Professeure, Directrice, Présidente et Chercheuse, quand Ulrike s’octroie un break, c’est pour visser sa casquette de consultante. D’une curiosité qui honore le slogan de l’iaelyon, elle ne donne pas dans la discrimination et s’intéresse aux grandes comme aux petites entreprises. Passant de marché en marché, elle travaille aussi bien avec bioMérieux que le groupe Merck, sans délaisser les startups qui suscitent son intérêt : « C’est très enrichissant car tout est à construire. Il faut trouver où aller et comment y aller ». De quoi satisfaire son pragmatisme germanique et son empirisme méthodique. Et si de son propre aveu « la créativité n’est pas son fort », l’optimiste n’est jamais en panne d’inspiration quand il s’agit de faire plaisir à ses proches, qu’elle embarque régulièrement dans ses aventures du bout du monde. De quoi faire voler en éclats toutes banalités, en prouvant que labeur et bonheur ont raison de s’apprécier.

« think large » est le slogan de l’iaelyon, que vous évoque-t-il ?
« L’ouverture internationale, mais surtout la multiplicité des profils et des domaines de notre école. »

Et s’il fallait faire le portrait de l’iaelyon ?
« Un entrepreneur ! Une personne qui nous pousse à prendre des initiatives. »

© TRAFALGAR MAISON DE PORTRAITS – 2017

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