L’indice Boursier Régional iaelyon – Université Jean Moulin recule de 6,69% en décembre et en baisse de 24,55% pour l’année 2018 !


Les valeurs petites et moyennes ont vécu une bien difficile année

L’indice régional iaelyon – Université Jean Moulin* a poursuivi sa baisse en décembre, en perdant 6,69%. Il retrouve ainsi ses niveaux de juin 2016, mais le capital a plus que doublé en sept ans (de-puis fin décembre 2011), soit un rendement annuel moyen supérieur à 10% ! Le CAC 40 ne gagnait alors que 50%.

Les bourses mondiales avaient connu un mois d’octobre bien difficile, le CAC 40 s’étant replié alors de 7,28%. En décembre le processus baissier a persisté, portant son recul total sur l’année à 10,95%. On retiendra que 12 valeurs ont accusé une hausse en 2018 ; 28 sociétés sont de facto en baisse, avec un tiers des valeurs du CAC 40 qui ont même chuté de plus de 20% à fin 2018, Valeo avec presque -60% occupant la dernière place. Le Dax allemand a perdu 18,26%, chiffre voisin du Bel 20 belge (-18,46%), l’Ibex espagnol faisant un peu mieux avec -15%. Le Dow Jones industriel s’est replié de 5,6%, alors que le FTSE 100 est en baisse de 12,5%… La Bourse de Shanghai a dégringolé de 25%, et l’indice Euro Stoxx 50 chute de 14%. Précisons que l’Indice Financier Européen IFE 15 a reculé de 14,5% en 2018.

De son côté en un an le CAC Small – petites capitalisations – a perdu 26,80%, le Mid&Small – petites et moyennes capitalisations – faisant un peu mieux en recul de 21,57%. Mais 11% des valeurs du Mid&Small ont été en hausse, 9% du CAC Small,… et 10% de l’indice régional iaelyon ! On pourrait résumer en disant que l’année ne fut pas bonne pour les grandes valeurs françaises, mais elle fut bien pire pour les valeurs moyennes et petites cotées à Paris ! C’est la première fois depuis 2011 que les midcaps et les small font moins bien que le CAC 40. Nous avions déjà récemment évoqué les raisons de ces contre-performances, après les fortes progressions des années écoulées. Ces valeurs ont une liquidité moindre, ce qui n’est pas nouveau, sans compter que les investisseurs se séparent en priorité des actifs qui leur semblent davantage risqués. Ajoutons que ces dernières semaines le climat social en France s’est alourdi, accompagné d’un impact défavorable sur l’économie et le commerce, avec en fin d’année des samedis de manifestations parfois agitées. L’indice régional iaelyon – Université Jean Moulin avait très bien débuté cette année, mais les mois de baisse se sont succédés (9 en tout) : durant le dernier trimestre il a reculé de 16,45% (respectivement -7,6% en octobre, puis -3,1% en novembre et -6,7% en décembre) !

Notre monde se transforme

En France les manifestations des « gilets jaunes » sont apparues et se sont développées, à Paris et en province. La crise politique qui en résulta nécessitait que des décisions fortes soient prises. Seuls 47% des Français se disent optimistes pour 2019 d’après un récent sondage Harris Interactive, soit 12 points de moins que l’an dernier. Profitons-en pour dire que récemment la chute de la cryptomonnaie fut tout autant brutale que l’ascension qui s’est produite en 2017, avec des victimes, principalement chez les particuliers qui avaient investi trop tardivement si on peut le constater après… Le bitcoin vient justement de fêter ses dix ans. La correction brutale traduit le changement de dimension du marché tout autant que le commencement d’institutionnalisation. L’indice Bloomberg des principales devises cryptographiques a cédé 80% en 2018… La capitalisation du marché des cryptos est ainsi passé de 612 milliards de dollars à 128 milliards de dollars, ce qui correspond à un repli de quelque 80% selon CoinMar-ketCap. Voici tout juste un an le bitcoin atteignait 20.000 dollars, mais seulement 3.200 dollars le 16 décembre dernier… avant de rebondir quelque peu aux alentours de 3.750 dollars. Bref le bitcoin perdait 74% en 2018, faisant ainsi un peu mieux que ses concurrents L’Ether (-85%) et Ripple (-83%). Tous les types de traders et spéculateurs ont subi des pertes importantes. Une des conséquences fut que le bitcoin représente désormais 51% de la capitalisation boursière des cryptomonnaies.

Il n’y a pas eu finalement de rallye de fin d’année en 2018, mais la Bourse de Paris a débuté 2019 en baisse, fragilisée davantage par les perspectives d’Apple, avant de retrouver ses cours de fin décembre. Pour que les marchés rebondissent, il conviendra d’éliminer les nombreuses sources de risques. Certes les tensions commerciales sino-américaines seront abordées prochainement, mais d’autres points demeurent : décélération plus forte qu’attendue de la croissance chinoise, crainte au Royaume-Uni d’un hard Brexit, déficit budgétaire italien, politique monétaire, craintes d’entrée dans une phase de croissance plus lente, voire récessive, santé du monde bancaire, mais aussi quelle sera la durée du shutdown américain préoccupation des marchés, le marché des changes… On fera le point sur des indicateurs essentiels : l’emprunt à 10 ans au plus bas en Allemagne (0,1471%) ; l’once d’or a grimpé à 1288,83 euro sur le marché spot à Londres, plus haut niveau de-puis six mois.

On a pu lire que nous venons de vivre la pire année boursière de la décennie ! ce qui bien sûr doit être nuancé suivant les pays et les indices : citons le dernier mois de décembre pour le Standard & Poors 500 américain apparu comme du jamais vu depuis 1931… Dans l’actuel contexte géopolitique, économique et social mondial la prudence demeure comme un facteur essentiel à respecter.

> Le graphique : évolution depuis 2011

* En septembre 1986 fut créé l’indice boursier régional « iaelyon / BNP PARIBAS », dénommé depuis juillet 2004 « iaelyon – Université Jean Moulin ». Cet index est très vite devenu une référence incontournable sur l’activité économique des entreprises régionales. En 2016, il regroupe toujours 80 actions (Euronext, Alternext).

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