L’INDICE BOURSIER RÉGIONAL iaelyon – Université Jean Moulin 12,81% de hausse au premier trimestre, en dépit d’un léger repli dans la deuxième quinzaine de mars


L’indice régional iaelyon – Université Jean Moulin a connu une très forte reprise dès le mois de janvier (+10,66%), puis elle s’est ralentie en février (à environ 3%), avant de se stabiliser dans la première quinzaine de mars ; mais finalement ce fut un recul de 1,02% sur l’ensemble du mois. Pour sa part, en trois mois, le CAC 40 gagne 13,1%, alors que le CAC Mid&Small progresse de 10,86%, et le CAC Small (petites capitalisations) plus modestement de 8,26% !

En moyenne cette année le pouvoir d’achat en France devrait croître de 2%, selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, grâce à l’euro qui nous protège de l’inflation. L’euro a vingt ans, et se révèle comme un réel succès, ayant, entre autres, permis des coûts de financement plus réduits pour les Français…

Les marchés boursiers européens ont terminé le trimestre en hausse, en étonnant certains, mais des menaces subsistent. Les performances à deux chiffres y sont prédominantes en ce premier trimestre, même si les marchés ont un potentiel restreint. Les banques centrales implicitement se sont engagées à soutenir le prix des actifs financiers. La Fed a évolué, au point qu’à ce jour on n’anticipe plus de relèvement des taux directeurs américains avant fin 2020.

L’indice Financier Européen IFE 15 affiche au premier trimestre une hausse de 11,78%, mais pour mars ce fut plus modestement de 1,35% ! Plus dans le détail, la Grèce a connu un gain de 17,62%, quand le Bel 20 belge progresse de 12,80%, l’AEX à Amsterdam de 12,52%, le Dax allemand de 9,19%, l’Ibex 35 espagnol de 8,2%… Par ailleurs au Royaume Uni le Footsie gagne 8,19%, et en Suisse le SMI 12,44%. Le Dow Jones est en hausse de 11,15%, quand le Nasdaq a gagné 16,5%, ou le Standard & Poor’s 13,07% ; à Hong Kong la Bourse a progressé de 12%, le Nikkei japonais a grimpé de 5,95%….

Le Brexit

Les députés britanniques avaient récemment rejeté trois fois le projet d’accord entre Theresa May et l’Union Européenne sur le Brexit : le lundi 1er avril ils viennent de rejeter encore les options alternatives soumises au vote dans une consultation indicative. Pourtant l’une d’entre elles a bel et bien failli être adoptée : elle préconisait que tout accord sur le Brexit comporte un engagement à négocier une union douanière entre le Royaume Uni et l’Union Européenne. Jugez-en ce projet a obtenu 273 voix, et 276 contre ! L’échéance nouvelle du Brexit se fait très proche, Theresa May devrait soumettre une nouvelle fois un projet d’accord avec l’Union Européenne courant de cette semaine.

On peut rappeler que depuis le référendum de juillet 2016 chaque semaine le Brexit coûte 600 millions de livres sterling – soit 700 millions d’euros – si l’on en croit la banque d’affaires Goldman Sachs, dont le Financial Times reprend les propos. En d’autres termes la cinquième économie mondiale aurait ainsi depuis perdu 2,4 points de son Produit Intérieur Brut… En cas de « no-deal » la baisse du PIB pourrait y atteindre 5,5%, et la livre sterling pourrait y avoir laissé 17% de sa valeur. Le chèque de sortie que Londres était prêt à verser progressivement à l’UE, d’un montant d’une cinquantaine de milliards d’euros, est lié à l’existence d’un accord. Dans le cas inverse, Londres pourrait s’estimer exonérée de tous paiements envers l’UE. D’autres questions se surajoutent, concernant en premier lieu le budget 2019, et l’issue du budget pluriannuel, avec des approches pouvant bien diverger…

Sans accord, les pays européens pourraient de leur côté subir une perte de leur PIB de 1%. Cependant si un accord se réalisait, le Royaume-Uni sortirait comme (grand) gagnant, avec un effet induit de près de 2% sur son PIB, et une Livre sterling revigorée, avec une appréciation pouvant avoisiner 5%.

La Bourse attire moins d’entreprises…

Il est vrai le nombre d’entreprises cotées diminue aux Etats-Unis de manière régulière, et quasi inéluctable. Plus de deux fois moins d’entreprises cotées en une vingtaine d’années, puisqu’on en dénombrait 7439 en 1996, mais plus que 3616 en 2017 ! Parallèlement, dans le même temps, la capitalisation cumulée des entreprises cotées a été multipliée par plus de 8, grimpant de 3.000 milliards de dollars à plus de 25.000 milliards de dollars. Ce constat très marqué aux Etats-Unis préoccupe les marchés : les fusions-acquisitions ont conduit à des retraits de la cote, et l’environnement s’est modifié, comme ce fut de plus en plus le cas observé, avec des particularités bien sûr.

En Europe depuis la crise financière d’il y a dix ans, le nombre de sociétés cotées s’est contracté d’après la Banque Mondiale de 20%. Euronext Paris ne compte que 985 sociétés cotées, au lieu des 1195 relevées en 2008. Les contraintes sont plus lourdes et les coûts élevés, alors même que les taux d’intérêt sont faibles et que les sociétés de capital-investissement (private equity) disposent de liquidités abondantes. La loi Pacte devrait avoir un impact indirect sur la désaffection sur Euronext Paris (50 sociétés l’an dernier).

Pour Pascal Quiry, Professeur de Finance à HEC Paris, et co-auteur du « Vernimmen » (2019/17ème édition) « la cotation n’est plus une consécration pour les entreprises ».

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